Entré aux Beaux-arts à Paris à 21 ans avec dans les poches mes carnets de Djibouti et Obok,
mon chemin y a été marqué par Jean-Michel Alberola et Paul-Armand Gette au début 1990 avant de travailler à Vancouver au contact de Jeff Wall et Mark Lewis, puis en Arizona et au Nouveau-Mexique avec le sandpainter navajo Joe Ben Jr. D’autres voyages, rencontres suivront jusqu’en 2000.
De retour à Paris, membre d’un collectif, Huicenmillun, j’ai poursuivi mes réalisations dans un champ transdisciplinaire tout en intervenant en milieu carcéral dans un atelier vidéo à La Santé.
J’ai intégré l’enseignement artistique en Belgique en 2006 tout en conduisant un projet dédié à la création émergente dans un centre d’art à Liège.

Aujourd’hui artiste et producteur, je développe mon travail vidéographique et le label 19 MARS PRODUCTIONS à Bruxelles.

Par l’outil vidéographique et des dispositifs liés, j’ai fait pendant une vingtaine d’années celui de la contemplation de la fuite, la perte du présent. Deuil impossible mais tentative nécessaire pour moi fasciné par l’enregistrement, l’empreinte du moment, le fantôme du présent.
Cette fascination pour la possibilité de “rejouer la scène” indéfiniment s’est imposée longtemps comme subterfuge dans ma conscience d’une vie que je ne peux mener sur l’échelle de sa durée.
Mes réalisations, de leur conception à leur présentation, y ont rejoué ainsi ad libitum les paysages de ces instants continuellement dépassés, conjuguant vivre et mourir dans le même temps dans le play it again d’un décompte toujours fatal.

Aujourd’hui, j’ai choisi de capter autrement ces instants dans un geste qui tient moins de la capture que du tremblement de mon regard et de sa main, ma main, qui vit ce présent. La mise en pratique du geste performatif dans mon acte de filmer, comme celui de certains artistes au processus d’improvisation essentiel, est un geste filmique simple : une captation assumant le tremblement émotionnel, la mémoire de mon corps au présent dans un moment qui n’existe qu’une fois.
Ces séquences ont toujours la durée de leur captation initiale et le titre de chacune est sa durée. Je maintiens le maintenant, comme toujours, comme avant.
D’une forme au cadre fixe paysagiste,  je suis là entré en mouvement dans ces temps filmés. Le “décor“, le time code en décompte, avant sujets de mon travail, y sont toujours là mais aujourd’hui hors-champ. Les détails, corps en mouvements, deviennent peu à peu le tout.
Process.