La dernière image

Dessins à la cendre sur 4 papiers punaisés, cadres d’acier 200 x 150 cm – Les Brasseurs, Liège
2011

“Il n’était qu’une fois. Toutes les histoires devraient commencer de cette façon. Qu’une fois. Une seule. A chacun sa manière de s’y faire.
Il y a la fuite, la froideur, l’indifférence, l’inconscience, l’hyperconscience et ta voie, celle qui te permet de devenir métronome ou menteur.
Toi tu mesures le temps, tu le dissèques dans ces empreintes, le défie et encore le mesures.
Tu veux quoi ? L’avoir à l’œil comme ton meilleur ennemi ?
Laisse-le couler. Non tu ne peux pas.
Chaque petite parcelle de ce que tu produis prend son pouls sur la lame du temps qui passe.
Pourquoi effaces-tu déjà tes dessins ? Tu préfères faire le sale boulot toi-même ? Ou croire à un contrôle de l’incontrôlable ?
Laisse-le couler.
La vidéo semble le meilleur moyen de fixer des heures et des lieux, tentative éperdue de refuser la fin !
Que disent ces regards, qu’ils m’attendent ?
Jérôme, as-tu tout le temps peur ?
Cette petite nageuse que tu dessines, tu projettes sur sa trace l’image d’un souvenir… ne la laisse pas couler.
Tes dernières images paraissent reflèter une pensée que nous avons tous : que verrai-je ? Une lumière blanche ? Qui me verra blanche ? Serai-je dans la dernière image ?
Il y a pourtant ces pages blanches balayées par un vent et des ombres qui me rassurent…
Tout reste à faire. Ca dure quand même longtemps, hein ? Oui ?”
S.